Le projet a renforcé et structuré les équipes du SESSAD, avec le recrutement et la montée en compétences de professionnels complémentaires (éducateurs de jeunes enfants, psychomotriciens, ergothérapeutes, psychologues du développement, orthophonistes) intervenant de façon coordonnée auprès des enfants. Il a favorisé un véritable travail pluridisciplinaire et un regard croisé entre l'équipe médico-sociale et l'équipe pédagogique : en objectivant les caractéristiques et les limites de l'action de chacun. Cette collaboration fondée sur des compétences complémentaires allège les responsabilités et les rend plus soutenables. Ce projet valorise davantage les différentes expertise des professionnels, qui interviennent en soutien des enseignants et contribuent à les réassurer face à l'accueil d'un enfant en situation de handicap.
La préparation précoce et le travail des pré-requis ont permis à une majorité d'enfants d'accéder à une scolarisation à temps plein en milieu ordinaire, dès le démarrage et sans remise en cause en cours d'année. En effet, depuis 2023, une dizaine d'enfants ont ainsi repris une scolarité à temps plein. Les enfants progressent nettement sur des dimensions clés de la vie d'élève : séparation d'avec les parents, posture d'élève, compréhension des temps de transition, communication avec les pairs et respect des consignes collectives. Le travail sur le passage aux toilettes, par mimétisme et répétition, permet à la plupart d'acquérir la propreté en début d'année scolaire, levant un frein majeur à la scolarisation. Enfin, l'approche globale (guidance parentale, travail avec la fratrie, médiateurs...) renforce le lien parent-enfant, restaure la confiance des familles dans les capacités de leur enfant et favorise une dynamique d'autonomie durable.
En questionnant systématiquement le besoin d'AESH plutôt qu'en le présupposant, le projet permet d'éviter des accompagnements humains qui ne sont pas toujours nécessaires, tout en sécurisant l'inclusion par un GEVA-sco préalable lorsqu'elle se justifie. En facilitant une scolarisation à temps plein et en prévenant les ruptures de parcours, le projet limite le recours ultérieur à des accompagnements plus lourds et plus coûteux, et lève un frein concret pour les familles. Le projet contribue grandement et indirectement au maintien ou au retour dans l'emploi des parents.
Le projet a fait évoluer l'organisation interne du SESSAD. Il s'est appuyé sur une ressource existante : de grands locaux (une ancienne école) afin d' aménager une salle reproduisant une classe et mobiliser les espaces attenants (salle de psychomotricité, espace repas, jardin), donnant une assise matérielle au dispositif. Sa mise en place a nécessité un travail de clarification des pratiques et des rôles. Le dispositif n'est pas une action isolée mais s'intègre dans l'accompagnement global du SESSAD, articulé aux séances individuelles et aux autres interventions. Il s'accompagne enfin d'une animation régulière et d'une ouverture vers l'extérieur : Éducation nationale, crèches, structures d'accueil de parents , qui a fait du SESSAD un acteur pivot des parcours d'inclusion sur son territoire.
